PLAN

Napoléon achète le domaine pour y établir le cimetière de l’Est parisien, appelé communément le cimetière du Père Lachaise, ouvert en 1804, aménagé par Brongniart -architecte de la Bourse de Paris, très arboré, et loti en 97 divisions.

Avec près de 44 hectares, le cimetière du Père Lachaise est le plus vaste et le plus ancien des parcs publics parisiens, devenu un véritable jardin-musée d’art architectural et sculptural, attirant des visiteurs du monde entier.

Lieu cosmopolite, symbole de pluralisme politique, social, idéologique, artistique et religieux, il est aussi un lieu de mémoire, unique au monde, avec ses monuments érigés en mémoire des victimes des différents conflits nationaux et guerres mondiales, le plus grand lieu dans Paris de commémorations officielles de la mémoire nationale.

A l’aube du dimanche 28 mai 1871, 147 Communards survivants des combats les opposants à l’armée versaillaise sont fusillés devant un mur nommé depuis lors « mur des Fédérés », mur reconstruit après la Commune à l’emplacement d’une carrière où ont été inhumées les victimes.

Ce « mur des Fédérés » est localisé dans la 97ème division. (voir plan du cimetière)

Dans cette 97ème division, puis dans la 77ème division au fil des années, a été regroupé un ensemble unique au monde de monuments funéraires érigés à la mémoire des victimes du système concentrationnaire nazi.

Pour que l’on garde à jamais le prix de la Liberté,

Les criminels nazis souhaitaient qu’il ne reste aucune trace ni aucun témoin des camps.

Les survivants ont voulu très vite rendre hommage à leurs camarades décédés.

Les Associations et Amicales de déportés ont décidé d’ériger des monuments. Ce sont principalement des cénotaphes. Des urnes, refermant des cendres rapportées des camps, sont placées dans le socle ou devant la sculpture.

Les familles n’ont pas récupéré les corps puisque brûlés dans les fours crématoires ou jetés dans les fosses communes. Ces monuments funéraires offrent une sépulture aux victimes mais sont donc aussi pour les familles des tombes symboliques où elles peuvent se recueillir.

Le 1er monument inauguré en 1949 est celui à la mémoire des déportés d’Auschwitz-Birkenau.

Ces monuments conservent la mission que leur a assignée leurs concepteurs, être veilleurs de pierre, pour rappeler aux visiteurs attentifs que cela fut.

Avec ces monuments,

le cimetière du Père-Lachaise est devenu,

un des hauts lieux, unique, universel,

à la mémoire de la déportation.

Un appel à la vigilance.

Dès son arrivée au pouvoir, Hitler s’efforce d’éliminer ses opposants politiques. Sont conduits dans des camps de concentration tous ceux qui gênent par leur idéologie politique, syndicale, et/ou leur confession religieuse, en particulier juive. Ces camps seront agrandis, d’autres créés pour recevoir les opposants des pays conquis par le Reich hitlérien.

                               Carte des camps du IIIème Reich                                ©FNDIRP

Ces déportés sont utilisés massivement et « industriellement » pour les besoins de guerre du Reich jusqu’à ce qu’ils soient anéantis par le travail. En 1942, est appliquée la « solution finale » organisée par la conférence de Wansee : l’extermination des Juifs par des techniques de destructions massives (chambres à gaz et fours crématoires).

Himmler et l’ingénieur d’IG-Farben          ©DR

Dans les camps, les déportés pour motif politique devaient coudre sur le côté gauche de leur veste, un triangle de couleur rouge, pointe vers le bas, sur lequel était inscrite une lettre capitale indiquant leur nationalité : F pour les Français par exemple. (Les Allemands n’avaient pas de lettre).

Au-dessous du triangle, était écrit le numéro matricule que les détenus devaient connaître par cœur, en allemand. Ce triangle et ce matricule devenaient leur nouvelle identité. 

En décembre 1941, le tatouage de ce numéro est testé sur des détenus soviétiques, véritable torture : une plaque, percée d’aiguilles formant les chiffres du matricule, est brutalement          enfoncée dans la poitrine du déporté, puis de l’encre est apposée sur la peau incisée.

En 1942, le tatouage est pratiqué sur les détenus juifs polonais et slovaques.

Le 22 février 1943, le commandant d’Auschwitz-Birkenau, Rudolf Höss, décide de faire systématiquement tatouer ce numéro sur l’avant-bras gauche de tous les détenus, non immédiatement gazés à leur arrivée, hommes, femmes, juifs ou non, à l’exception des Allemands.

                                                                       ©FMD

Les camps de concentration

Quelques semaines après l’accession au pouvoir d’Hitler, les camps de concentration ouvrent : Dachau en Bavière, Oranienburg-Sachsenhausen près de Berlin, Buchenwald dans le centre de l’Allemagne, près de Weimar.

Ces camps, construits par les détenus, sont de grande taille, fortifiés de miradors, entourés de fils barbelés électrifiés, gardés par des SS Totenkopf (Têtes de Mort), secondés par des Kapos, choisis parmi les déportés très souvent de droit commun (triangle vert).

Ils ont à peu près le même agencement :

– une zone d’internement proprement dite, avec des baraquements destinés aux prisonniers.

– une place d’appel, où les détenus sont appelés et comptés, matin et soir, pendant plusieurs heures, quelque soit la météo.

– le Revier, (infirmerie terme tout relatif) où de nombreuses expériences médicales sont menées.

– le Bunker, une prison

– une zone de pendaison

– des fours crématoires pour incinérer les cadavres.

– une zone de vie pour les SS, à l’extrémité du camp, parfois à l’extérieur, avec des maisons fleuries.

Ces camps enferment d’abord les Allemands : les opposants politiques (communistes, sociaux-démocrates), les syndicalistes, les « asociaux », les homosexuels, les Droits communs. Puis les détenus des zones occupées viendront de l’Europe entière pour servir de main-d’œuvre.

A leur arrivée, les déportés sont dépouillés de leurs effets personnels, déshabillés, douchés, tondus, passés au désinfectant. Ils reçoivent un habit en toile rayée blanche et bleue, des savates en bois. Enregistrés dès leur arrivée, ils reçoivent un numéro matricule à retenir en allemand en place de leur nom et un triangle à coudre sur leur vêtement au niveau de la poitrine. Parfois, leurs portraits sont photographiés. Le triangle est de couleurs différentes pour être distingués par les SS.

L’emplacement géographique de ces camps n’a rien du hasard : ils sont installés dans des lieux isolés, mais proches des lieux de matières premières ou des usines. Les détenus vont être loués aux entreprises allemandes, d’où l’essor de multiples sous-camps, les kommandos, dépendant du camp principal. Par ex : à côté des carrières, les camps de Mauthausen, du Struthof, de Flossenbürg ; à côté des briqueteries, les camps de Neuengamme, d’Oranienburg-Sachsenhausen.

2 500 entreprises vont utiliser cette main-d’œuvre : Siemens, Krupp, Thyssen, Daimler-Benz, Bosch, Opel, BMW, Volkswagen, Bayer, etc…  IG-Farben va exploiter plus de 350 000 détenus pour produire le caoutchouc synthétique (cf. camp de Buna-Monowitz), et surtout du Zyklon B (gaz servant à gazer les déportés juifs par millions dans le cadre de la Solution finale dans les camps d’extermination).

Le travail entre 10 et 12 heures par jour souvent sous les coups des SS, l’absence de nourriture, d’hygiène, de repos, les températures pendant l’appel, expliquent l’espérance de vie d’un détenu de l’ordre de 6 mois.

Pour les déportés de France dans les camps de concentration, environ 96 000, plus de la moitié sont morts.

Les camps d’extermination

                                                                                                          © USHMM

Dès l’hiver 1939/1940, les Juifs sont regroupés, affamés, dans les ghettos de Pologne et d’Union soviétique occupée.

À partir de 1941, ils sont fusillés sur le front et dans les pays de l’Est occupés, par les Einsatzgruppen (fusillades massives connues sous l’appellation de « Shoah par balles »), ou gazés, d’abord dans des camions par l’utilisation des gaz d’échappement puis dans les chambres à gaz des camps d’extermination de Chelmno, Belzec, Treblinka, Sobibor, Birkenau.

Dans les camps mixtes d’Auschwitz-Birkenau et de Maïdanek, une minorité est « sélectionnée » à l’arrivée pour le travail forcé. Les sélectionnés seront identifiés par un numéro tatoué sur le bras gauche. 7 % des Juifs déportés de France désignés pour le travail ont survécu.

Le procès-verbal de la conférence de Wansee du 20 janvier 1942, rédigé par Eichmann, ne laisse aucun doute sur le plan d’extermination systématique : plus de onze millions de Juifs de l’Europe entière (y compris les Juifs britanniques, suisses ou portugais) inclus dans le décompte statistique établi minutieusement par Eichmann, doivent être arrêtés et « évacués » vers l’Est où ils trouveront la mort. De grandes « rafles » seront organisées dans toute l’Europe.

Cette extermination se distingue par son caractère industriel, bureaucratique, systématique qui rend l’action génocidaire nazie unique dans l’histoire de l’humanité.

Ont été exterminés plus de 5 millions de Juifs, dont 1,5 million d’enfants, soit les 2/3 des Juifs d’Europe. (cf. travaux de Raoul Hilberg)

3% des 76 000 Juifs déportés de France ont survécu.

Il faut ajouter le génocide des Tsiganes et l’élimination des handicapés.

Bilan de la Seconde Guerre mondiale

Plus de 60 millions de morts (2,5 % de la population mondiale de l’époque) dont la moitié de civils.

« Les souvenirs sont nos forces. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux. »

                                                                                     Victor Hugo

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